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 Dragons : De l'autre côté du monde

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Sniperman
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MessageSujet: Dragons : De l'autre côté du monde   Lun 22 Sep - 3:57

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOH.

Voilà que je sais écrire maintenant. J'ai pris ma retraite avec mon sniper, maintenant je sais lire et écrire hohohoho
Voyons ce que ça donne, tout ça. Donc oui, pour situer, c't'une fanfiction sur How To Train Your Dragon. Mais j'propose une autre histoire qu'avec Harold et sa bande. M'enfin, vous verrez bien.
Bonne lecture les gens o/ J'espère vraiment que ça vous plaira...






« Il n'y a pas de place pour les Ténèbres,
pas même dans ton cœur. »





Chapitre 1





Dans un autre côté du monde, il y avait un continent appelé L'Île au Soleil Couchant. Au bord d'une falaise vivait un village qui prospérait depuis des siècles avec les dragons. Chaque clan vivait leur vie sans jamais se croiser et tout ceci fut organisé par ce peuple qui, contrairement à ce que les gens croiraient, ont mis au point une stratégie pour éviter les foudres de ces créatures tout droit sorties des contes de fées. Mais on y reviendra plus tard. Cette île est située un peu plus au Nord de l'Equateur et offre à la terre de Soleil Couchant toutes les saisons nécessaires pour prospérer grâce à l'agriculture, les élevages et la chasse. Les gens de ce village sont paisibles et accueillant. Les marchands viennent les approvisionner d'objets rares en échange de vivres ou d'or. Quelques soirs par semaine, le village a droit à des festivités. Au rythme de la musique et des chants celtiques, les villageois dansent et mangent de bon cœur ensemble. Leur situation semble aller pour le mieux. Cependant, il y a quelque chose qu'ils n'apprécient guère parler et gardent éloigné des étrangers : le secret pour préserver la paix avec ces reptiles géants.
Les plus anciens racontent que tous les 50 ans, une jeune fille à la beauté et à la douceur inégalées doit être donnée en sacrifice. Pour couronner le tout, elle se doit d'être pure dans le corps comme dans l'esprit. Il en va sans dire qu'ils sont très ancrés dans leurs croyances. Et parait-il que cette période de l'année est très mouvementée. En effet, en cette belle semaine d'été fleurissant, où les récoltes se sont toujours faites plus abondantes, le soleil plus radieux et les températures plus douces, les villageois préparaient la cérémonie. Tous travaillaient à l'unisson et s'entraidaient à poser décors, tables, feux de joie tandis que d'autres chassaient et pêchaient les animaux les plus rares afin de préparer un festin pour cette soirée spéciale. Sous l'oeil attentif des anciens qui s'occupaient à donner les directions et conseillaient le chef du village, tout se mettait en place à une vitesse fulgurante.
Parmi ces gens qui ne cessaient de courir dans tous les sens marchait une jeune fille. Ses cheveux lisses, d'un acajou profond, tombaient sur ses épaules comme un rideau de soie et ressortissaient son visage aux traits fins, d'une telle couleur que l'on croirait à de la porcelaine. Ses yeux si joliment dessinés sont en amande et d'un vert aussi éclatant que l'on croirait à deux émeraudes qui traversent notre être. Ses lèvres sont fines et d'un rose très doux qui se marie parfaitement à son teint et à son visage de telle manière que l'on croirait au visage d'une poupée. Son corps est fin, ses formes sont peu prononcées et rajoutent à cet être une impression de fragilité et l'allure d'une grande enfant. Elle n'est pas bien grande mais elle n'est pas petite non plus. Cette demoiselle à l'allure peu élancée, presque fantomatique, ne mesure pas plus d'un mètre soixante-trois et semblerait faire à peine cinquante kilos toute mouillée. Elle était vêtue de noir en cette journée d'été. La tradition voulait que la sacrifiée s'habille de noir en son dernier jour de vie avant de porter sa robe cérémonielle le soir. Au croisement de certains bénévoles, ils la saluèrent tout sourire. Elle leur répondait poliment tout en hochant légèrement la tête, leur offrant ainsi le privilège de croiser son regard avant qu'elle ne continue son chemin jusqu'à chez elle. Tous plaçaient de grands espoirs en elle et à l'évocation de son nom, les villageois devenaient euphoriques. Il en était de même pour le chef qui jouissait à l'idée de pouvoir à son tour faire honneur à leur tradition sur laquelle s'était basée toute leur vie, leur Histoire, leur patrimoine et surtout leur existence qui se révélait être plus paisible que jamais. Tous étaient heureux de voir ce jour arriver. Tous...

Sauf elle. En rentrant dans sa maison le visage tourné vers le sol, elle était reçue par ses parents. Sa mère préparait des pâtisseries tandis que son père s'occupait à lire d'anciens ouvrages. La femme eut une exclamation de joie lorsque ses yeux se posèrent sur sa fille unique qui restait sur le pas de la porte et demeurait silencieuse :
« Ah ! Voilà notre prodige », constata sa mère qui s'essuyait les mains. « Alors, as-tu vu ce qu'il se passe dehors ? Tout est tellement joli, les gens sont enthousiasmés à l'idée de ce soir ! J'ai même fait des petits pains pour le grand dîner ! »
Voyant l'indifférence de la jeune fille, celle-ci s'approcha d'elle et posa ses mains sur les bras de l'enfant :
« N'est-ce pas merveilleux, chérie ? Tu seras la Reine de cette soirée », rajouta-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens une fois qu'elle releva son visage en sa direction.
- Oui... Si, ça l'est, répondit-elle sur un ton qui se voulait joyeux mais elle ne parvenait pas à faire semblant. Elle semblait surtout résignée.
- Qu'y a-t-il, ma chérie ? Demanda sa mère inquiète. N'es-tu pas heureuse de contribuer au bien-être de notre communauté ?
- Si, bien sûr que je le suis, rectifia-t-elle aussitôt. J'ai juste... Besoin de me reposer un peu...
- Lizzie a raison, intervint le père qui ne levait pas ses yeux de son bouquin. Il vaut mieux qu'elle soit resplendissante pour ce soir et pour cela, elle doit se reposer.
A ces mots, cela voulait dire qu'elle avait pour ordre de partir dans sa chambre et de ne plus en sortir. De toute manière, c'était ce dont elle souhaitait. Elle monta en silence dans sa loge sans prononcer un mot de plus, continuant à jouer ce rôle qui lui avait été donné depuis son plus jeune âge. Lorsqu'elle ferma la porte de sa chambre, elle se dirigea vers son lit avant de s'y laisser tomber dessus. Elle blottit l'oreiller contre sa poitrine vêtue de noir puis elle se tourna de sorte à pouvoir regarder la fenêtre qui se trouvait, par ailleurs, au-dessus de sa couche. De là, elle pouvait regarder le ciel qui ne comportait aucun nuage. Tout était limpide et le ciel d'un bleu profond. Cela lui rappelait que dans quelques heures, elle ne serait plus de ce monde. Son visage restait impassible mais une larme coulait lentement du coin de l'oeil. Elle s'y était faite à l'idée depuis bien longtemps et s'y était résignée, mais en repensant que le temps s'était presque totalement écoulé, elle ne pouvait pas s'empêcher de sentir les émotions refaire surface d'une manière complètement chaotique. Elle restait là sans bouger, perdue dans ses pensées. Elle retraçait sa vie et revoyait toutes les différentes étapes de son existence. Elle avait un vague souvenir du commencement. Il lui semblait que ça avait débuté approximativement dix ans en arrière.
A cette époque, elle n'était qu'une petite fille et jouait avec les autres enfants de la tribu. Mais en très peu de temps, elle se retrouva toute seule puisque les parents interdisaient leurs progénitures de s'attacher à elle et que pour ce faire, ils devaient restés loin d'elle. Tous avaient vu en elle le potentiel d'être la prochaine sacrifiée dans les années à venir. D'autres petites filles s'étaient retrouvées comme elle mais au fil des années, celles-ci purent de nouveau se mêler avec les autres habitants puisque soit elles avaient trouvé une parade pour descendre dans l'estime des villageois et sauver leur existence, soit c'est que Lizzie devenait tous les ans plus belle et plus admirable au point que nulle ne puisse pratiquement pas l'égaler. Tandis qu'elle restait éduquée pour être une fille modèle, les autres se corrompaient et la regardaient errer dans la solitude, fières d'avoir pu évité d'être à sa place mais aussi furent-elles persuadées d'avoir fait la meilleure action de leur vie, puisque cette petite Lizzie était la fille parfaite pour cette cérémonie sacrée. La solitude était la seule amie de cette enfant et elle n'a jamais cessé de s'accroître dans son cœur, jusqu'à la rendre vulnérable et à la merci des autres. Dès qu'elle s'approchait d'un groupe d'enfants, celui-ci s'éloignait sans lui prêter attention. C'était comme si quelque part, elle était déjà morte.
L'enfant a grandi en une jeune femme introvertie. Lorsqu'elle avait été dans sa période de crise d'adolescence, elle chercha à parler, à changer l'opinion de ses parents, du chef ou même des gens du village. Mais leur réponse était sans appel, quand bien même elle se démenait comme un beau diable pour changer les mœurs. Soit ils riaient et lui disaient de laisser les grands gérer, soit ils se fâchaient et lui faisaient un sermon, ou encore ils se contentaient tout simplement de l'ignorer comme on leur avait dit de faire. Désespérée, elle avait même songé au pire. Mais la jeune fille n'avait jamais eu le courage de faire une telle chose puisqu'elle était terrorisée à l'idée de mourir. Elle aimait la vie et c'est pour cette raison qu'elle ne voulait pas gâcher la sienne. Alors elle finit par arrêter de résister quand ils eurent raison d'elle et baissa les bras. L'enfant avait fini par accepter, résignée, sa tragique destinée. Et la voici à présent couchée sur ce lit à contempler sa vie monotone et ses regrets. Elle n'aura jamais rien su de la vie, la vraie. On l'avait formatée pour qu'elle se prépare à sa propre mort et rien d'autres. Son visage se crispa soudainement et elle étouffa ses sanglots contre son oreiller.

~†~

Ce n'est que quelques heures après que la mère de Lizzie entra dans la pièce. Elle s'était assurée de toquer deux fois à la porte, comme à son habitude, avant de pouvoir entrer un pied dans le refuge de sa fille qui se réveillait. Celle-ci lui amenait une boîte d'une taille moyenne, une serviette et une éponge. La femme déposa tout ceci sur le tabouret se trouvant près du bureau de la demoiselle avant de reculer :
« Ma belle, va donc te préparer pour la cérémonie. Appelle-moi lorsque tu seras vêtue. » lui dit-elle avant de refermer la porte derrière elle.
L'adolescente dirigea ses yeux sur le dépôt puis lâcha un soupir.

~†~

« Maman », appela Lizzie.
L'interpellée arriva dans la minute et sourit en découvrant sa fille vêtue de blanc de la tête aux pieds. Celle-ci portait un corset orné de fleurs en dentelle sur les deux extrémités. La fermeture se faisait au-devant avec un boutonnage relié par rangées. La jupe était coupée de chaque côté, ce qui donnait l'impression qu'elle portait deux longues traînes blanches devant et derrière ne laissant que les côtés de ses jambes nues dévoilés. Enfin elle portait sur son cou et sa cheville droite des anneaux d'or. Pour avoir un air plus habillé, elle portait un voile blanc transparent naissant sous son corset et se relevait sur ses épaules avant de s'ouvrir pour tomber sous ses bras et s'attacher à ses poignets. Ses bras étaient couverts de longues mitaines formées en losange, prenant vie au-dessus des coudes et allant mourir en triangle sur son majeur, maintenues par une bague d'argent. La mère ne cessait de contempler sa fille et se précipita pour rajouter la dernière touche : la couronne celtique et le voile pour couvrir son visage telle une vierge le jour de son mariage.
« Tu es resplendissante, mon enfant. » Commenta-t-elle avec une tendresse infinie.
- Vraiment ? Demanda la demoiselle d'honneur avec une pointe d'incertitude dans sa voix.
- Mais oui, je suis sûre que tu feras tomber des cœurs à ton passage ! Qu'est-ce que j'ai hâte... Tu seras une icône, un exemple à suivre, ma chérie. Dit la femme en prenant le visage de son enfant entre ses mains délicates. Pense à l'honneur que tu rends à notre peuple... Je peux être fière de t'avoir comme fille, Lizzie.
- Merci, maman...
Elles s'étreignirent l'espace d'un instant. Il semblait que ça faisait une éternité pour Lizzie qui se sentit dès lors en sécurité contre le cœur de celle qui l'avait autrefois portée. Mais l'étreinte fut de courte durée, comme à son habitude.
« Bon. Tiens-toi prête car nous allons bientôt y aller. »
- Bien, maman...
Lizzie aurait aimé que sa mère s'inquiète pour sa personne, du genre demander comment elle se sentait ou si elle voulait manger une dernière fois son plat préféré avant d'en devenir un à son tour. Non bien sûr, elle s'était contentée de descendre à l'entrée rejoindre son mari, tous deux préparés pour le festival. Tout d'abord ils emmenaient leur fille chez le chef. Ils toquèrent à sa porte et il les laissa entrer, tout joyeux de leur visite.
« Alors, comment se porte notre sauveur ? » Demanda-t-il en mettant ses poings sur ses hanches et en regardant la concernée de sa hauteur.
L'enfant n'osait pas le regarder en retour, elle se contentait de baisser les yeux.
« Le trac, n'est-ce pas ? Ca va te passer, tu n'as pas à t'en inquiéter. » Reprit-il avant de se tourner vers les parents.
Et ils se mirent à discuter ensemble, à parler de la cérémonie, du beau temps, des récoltes et autres choses joyeuses tandis que l'enfant s'emmurait dans le silence.
Quelques instants plus tard, ils allèrent ensemble à la chapelle du village. Ici débutait la cérémonie. Tous les villageois se trouvaient dans cette grande salle réunis et admiraient le lieu apprêté à la tradition. Après l'introduction de l'ancien, les portes s'ouvraient sur la jeune fille vêtue comme une mariée tandis que ses parents allaient se fondre parmi les invités en toute discrétion. Lizzie répétait sans sourciller mais le cœur battant la démarche qu'elle avait dû apprendre durant toutes ces années de « formation ». Arrivée à l’autel, l'ancien la sacra en dessinant une croix celtique à la naissance de son thorax :
« Puissent les Dieux t'aider à trouver la Force et le Courage dans le périple mortel que tu entreprends, et puissent-Ils t'honorer de leurs chants glorieux lorsque tu te trouveras au pied de leurs portes et t'accueillir telle une Reine à la table des Divins. »
L'enfant avait baissé la tête et fermé les yeux sur ces paroles. Elle priait pour la miséricorde des Dieux et aussi pour qu'un miracle arrive. Elle se battait pour ne pas pleurer mais surtout pour ne pas prendre les jambes à son cou. Comment les autres avaient-elles fait pour ne pas en faire de même ? C'était une autre question qu'elle s'était toujours posée. Elle rouvrit enfin les yeux en entendant les acclamations des villageois. Elle se tourna vers eux et parcourut la vague de gens du regard avant d'apercevoir ces personnes, qui furent autrefois des enfants, qui l'acclamaient aussi. Tous, sauf une. Un jeune homme qui avait le même âge que Lizzie. Il la fixait de ses prunelles bruns et son expression était loin d'être joyeuse. Cependant, il lui était impossible de savoir ce qu'il ressentait à cet instant : de l'indifférence ou de la pitié ? Son expression n'était pas assez prononcée pour savoir si c'était ça ou bien tout autre chose. Mais cet individu ne lui était pas inconnu, bien au contraire : c'était le seul à avoir accepté de jouer avec elle tandis que les autres la fuyaient comme la peste. Du jour au lendemain, il cessa de venir la voir et dès qu'elle cherchait à lui parler, il l'évitait et lui répondait par automatisme les mots qu'il avait été dit de répéter :

« Je ne suis pas ton ami alors laisse-moi tranquille. »

Cela avait brisé le petit cœur déjà ébréché de la petite fille et depuis ce jour, elle n'avait plus jamais essayé d'approcher quiconque. Il n'y avait que les animaux qu'elle pouvait apprécier la compagnie puisqu'eux, à la différence de ses congénères humains, l'adoraient. Puis l'enfant finit par comprendre que rester auprès d'eux les ferait souffrir le jour où elle disparaîtrait, alors celle-ci s'était enfermée dans sa maison afin de se faire oublier. Mais jamais elle n'a pu, elle, oublier qui que ce soit. Surtout pas ce jeune garçon aux manières douces, lequel tous ses mots continuaient de tourner dans son esprit comme un manège. Les habitants la laissèrent se frayer un chemin sans arrêter de l'acclamer et l'admirer. Certaines jeunes filles dont des anciennes rivales qui n'avaient jamais cessé soit de la mépriser soit de la plaindre, se retrouvaient à la jalouser farouchement à cause de son charme et du succès qu'elle rencontrait auprès des autres. Mais nul doute qu'elles tenaient plus à leur vie qu'à celle de leur réputation. C'était entourée de villageois dansant et chantant qu'elle fut amenée sur la place de Soleil Couchant qui se révélait être au bord d'une falaise. Il y avait d'installé une très longue table placée en arc de cercle tourné vers le coucher de soleil. A quelques mètres se trouvait un grand bûcher afin de pouvoir éclairer les gens le soir lors du dîner, mais aussi lorsqu'ils danseront au rythme de musiques endiablées en plus du clair de lune, de quelques torches posées à des endroits stratégiques et des bougies pour illuminer la place. Les gens s'installaient à table et invitait la petite Lizzie à faire de même afin de profiter du festin préparé en son nom. Tandis qu'ils trinquaient en son honneur, Lizzie regardait le soleil disparaître à l'horizon.
« C'est la fin», se disait-elle dans un souffle.
Il en était fini de sa vie. Il ne lui restait plus qu'une chose à faire : se sacrifier pour le bien-être de l'Île au Soleil Couchant. Dernièrement, le village avait subi des attaques de dragons. Cela faisait une éternité que cela n'était pas arrivé selon les anciens. Cela était sûrement dû au fait qu'ils s'impatientaient à l'idée de manger un être humain ? Les mains de Lizzie tremblaient à l'idée d'être dévorée vivante. Elle se voyait en-dessous d'une poignée de reptiles et être déchiquetée à coups de mâchoires sous ses hurlements de douleur et gesticuler dans tous les sens. En entendant son nom être prononcé, Lizzie cligna des yeux et revint à la réalité. Un individu à côté d'elle lui proposait du pain qu'elle refusa poliment tout en lui adressant un sourire. Elle prêta ensuite l'oreille à ce toast que le chef faisait en son honneur :
« Encore une fois, nous pourrons vivre dans la paix et sans crainte des lendemains pour des décennies à venir ! S'exclamait joyeusement le chef avec son verre de vin haut levée, suivi des acclamations de ses sujets qui en faisaient de même. Et cela, nous te le devons énormément, Lizzie. Tu fais la fierté de ce continent et ton nom continuera de traverser les âges pour ta bravoure et ta loyauté envers ton peuple. Trinquons pour Lizzie ! »
La jeune fille était gênée tandis que les verres s'entrechoquaient et que les estomacs se remplissaient d'alcool à foison. Elle en revanche se contentait de boire de l'eau. L'adolescente remerciait tous les individus qui venaient trinquer avec elle et la saluer dignement en lui faisant part de leur reconnaissance. Puis vinrent les cuisiniers avec leurs plats.
Le repas était composé en trois parties : D'abord l'entrée qui proposait de la charcuterie de qualité. Le plat de résistance consistait de patates et de cerf, d'espadon et de fruits de mer pour les amoureux maritimes, et de faisan pour les plus difficiles. Enfin en dernier, du fromage de chèvre et des galettes ainsi que des tartes aux fruits étaient au menu. Malgré que le but de ce repas était déprimant pour une condamnée à mort, manger lui avait fait oublier sa peur concernant la suite des événements. A vrai dire, ce repas était un délice et lui avait quelque peu remonté le moral durant ces deux heures de festin en compagnie des autres habitants.
Puis revint la peur. Les gens discutaient à présent entre eux à propos du repas et s'interrogeaient sur la manière dont tournerait la suite de la soirée tandis que Lizzie cherchait du regard la bande de jeunes qui s'était mise en bout de table, sur son côté droit, puisqu'elle avait été désignée à se mettre au centre. Les sourires étaient grands et les rires fleurissant. Il y en avait cependant un qui avait du mal à partager leur bonne humeur. Celui-ci quitta des yeux ses camarades pour les poser sur la sacrifiée. C'était ce garçon qui était dans la chapelle quelques heures plus tôt. Lizzie le regarda quelques temps en cherchant à mettre un nom sur ce visage avant de tourner subitement la tête : fixer les gens était malpoli. Celle-ci accepta un morceau de galette qu'un convive lui proposait et le remercia avec un sourire avant de manger sa part en silence quand soudain, une mélodie de flûte résonna dans l'atmosphère. Les musiciens arrivaient armés de leur instrument de musique et faisait naître l'émoi dans le cœur des spectateurs pour la plupart toujours attablés. Des chuchotis d'entrain et de joie bourdonnaient aux tables quand le chef se leva :
« Que la fête commence ! C'est l'heure de danser, mes frères et sœurs, chantez ! »
Et sur cet ordre, tous se levèrent pour se lancer autour du bûcher en dansant au rythme de la musique et en chantant l'hymne de leur peuple. Lizzie les regardait faire, surprise et émerveillée. Elle voyait ses parents danser ensemble comme un jeune couple qui voit s'écouler des jours heureux. La bande de jeunes dans leur coin était d'abord curieuse avant que les deux filles du groupe se décident à y aller et certaines de pouvoir s'y éclater, elles entraînèrent un des garçons de la bande. Un autre suivit, beaucoup moins pressé que ces demoiselles. Il resta ce jeune garçon occupé à boire de l'alcool pour passer le temps et ne sembla pas trouver l'intérêt à danser parmi cette foule. Il semblait cependant hésitant puisqu'il se retrouvait tout seul à son tour quand quelques instants plus tard, ses amies revinrent sur lui pour le tirer hors de sa chaise. Lizzie pouvait les entendre malgré les six mètres de distance :
« Allez, viens ! » Insistait la première qui tirait son poignet tandis que le jeune homme cherchait à ne pas se renverser du vin sur lui.
- Non, vraiment, je ne suis pas fan de la danse, se justifiait le garçon avec une certaine décontenance.
- Allez, arrête ton char et viens profiter un peu, c'est la seule fête qui n'est pas prête de se renouveler dans toute ta vie ! Vas-y, viens ! Tu vas danser avec nous, c'est moi qui te le dis ! Arrivait en renfort la deuxième qui le poussait dans le dos, ce qui força leur ami à se lever avant qu'il ne se rassit aussitôt.
Voyant qu'il résistait à être entraîné parmi la foule en délire, la jeune sacrifiée, elle, avait souri en assistant à cette scène. Elle aurait par ailleurs aimé y participer. Mais d'ailleurs, elle pouvait toujours le faire. Alors celle-ci se leva. Tandis que le garçon résistait tant bien que mal à la persécution des deux commères, sa voix stoppa les trois ados net.
« Elles ont raison, tu devrais en profiter. »
Ils tournèrent leurs yeux de merlan fris vers elle avant qu'elle ne sourit sagement et rajoute :
« Après tout, c'est vrai, cette cérémonie n'arrive qu'une fois dans une vie. Ceux qui assistent à une deuxième sont les plus chanceux. »
- Bah tiens, c'est ce que je te disais ! S'exclama soudainement la deuxième fille qui lâcha le malheureux comme un vulgaire sac. Même elle te le dit !
Le jeune homme baissa le regard et maugréa :
« Ca va, ça va, j'vous rejoins. »
Elles sautèrent de joie en couinant des « Ouiii » avant de partir aussi rapidement qu'elles étaient venues dans la marée de fêtards, tandis que l'individu noyait son regard au fond de son verre.
« Pourquoi ne vas-tu donc pas les rejoindre ? » Osa-t-elle demander en prenant soin de réprimer son malaise.
- Tous ces gens... Je ne me sens pas à ma place auprès d'eux. Ils rient, dansent et boivent en pensant que tout va pour le mieux... Ca... me perturbe, je suppose.
Il ne semblait pas s'en rendre compte mais il serrait son verre sous la rage qui montait en lui. Lizzie pensait y voir autre chose. Au fond d'elle, elle connaissait ses pensées les plus cachées et cela l'amenait à sourire. Toujours l'expression et l'attitude posées, elle lui dit :
« Ne pense pas ainsi... Pense plutôt à l'honneur que tu me ferais en allant t'amuser. Cela me ferait vraiment plaisir. »
- Alors danse avec nous, lui ordonna-t-il en levant ses yeux bruns sur elle.
Elle fut surprise de la condition, à tel point qu'elle sentit ses joues s'empourprer. Puis l'enfant sourit et acquiesça. Le garçon se dressa sur ses pieds sur sa réponse et lui fit une révérence. La jeune fille en fit de même avant de prendre le bras que lui tendit son partenaire. Tous deux avancèrent en enchaînant des petits pas de danse avant de se mêler aux autres participants qui dansaient de plus belle autour de la torche géante située au centre de la piste. Lizzie ne pensait pas qu'elle ferait partie de cette cérémonie, ou même à danser pour sa propre mort. Mais au final, elle s'en fichait. Elle dansait avec ce jeune homme qui l'avait autrefois acceptée et elle savait qu'il n'avait jamais changé. Il était toujours le même gentilhomme courageux et attentionné. Ils croisaient leur bras et faisaient des rondes avant de changer de bras et de recommencer. La petite Lizzie se surprit à rire en choeur avec cet individu avant de se raviser, saisie par la timidité qui revenait au grand galop. Quand la musique changea pour se trouver plus calme, la demoiselle se permit de lui demander tandis qu'ils se lançaient dans une nouvelle danse :
« Pardonne ma mémoire défaillante mais... Je ne sais pas si je t'ai déjà demandé quel était ton nom ? »
- Non, tu ne me l'as jamais demandé, lui dit-elle une fois qu'ils se retrouvaient à nouveau assez proche pour s'entendre. J'avais bien peur que tu ne me le demandes jamais.
- Alors... Comment t'appelles-tu ? Osa-t-elle demander d'une voix timide.
- Aaron, lui répondit-il tandis qu'elle tournait autour de lui. Enchanté de faire ta connaissance, Lizzie.
- Oui, moi aussi.
Le temps passa et il fut l'heure pour Lizzie de se séparer de son compagnon de danse afin d'aller se reposer. Il était minuit et la lune était absente, ce qui plongeait le village dans les ténèbres, seulement éclairé par les flammes des torches et des bougies telles des lampes de chevet. L'euphorie que ressentait l'adolescente se dissipait petit à petit. Elle regrettait de ne pas avoir profité du peu de sa vie comme elle l'avait fait ce soir. Tant de choses comme le bonheur de passer du temps avec les autant habitants, s'amuser comme une adolescente normale lui avaient manquée durant son existence. Alors quand elle devait penser qu'elle allait bientôt disparaître, cela la sortait de ses gonds. Surtout quand elle rencontrait quelqu'un qui la considérait comme un être égal à ses yeux.
Puis la musique s'arrêta et le silence se posa à nouveau sur la place. Le chef fit irruption de la foule et regarda Lizzie :
« J'espère que cette soirée fut pour toi agréable. Ces danses et ces chants t'étaient dédiés. A présent, il est temps que tu en fasses de même. »
Ah, c'était à son tour d'honorer son peuple. La jeune fille se leva calmement et vint contourner le bûcher pour se placer au niveau du bord de la falaise. Une fois arrivée là où elle devait se mettre pour être perçue de tout le village, elle prit un moment de pause pour se concentrer. Elle fit abstraction des spectateurs et se lança dans son chant, suivie par la musique d'abord aux airs languissants puis celle-ci prit de plus en plus d'énergie au fil des vers et de la danse qu'elle entreprenait. Ses pas et ses gestes étaient radieux car contrairement à d'ordinaire, ils avaient un soupçon oriental, ce qui ensorcelait les gens qui la regardaient faire, émerveillés et séduits. Une fois cela fini, elle revint sur son point de départ et reprit son souffle. Les spectateurs, charmés, applaudirent de tout cœur avant que le leader du village s'avance de quelques pas.
«Merci, Lizzie. C'était une superbe performance. A présent, si tu veux bien avancer sur le point de la jetée... »
L'enfant acquiesça une nouvelle fois et baissa le regard avant de se tourner. C'était l'heure. Ses pas s'emboîtèrent sur la poutre qui la menait au milieu du vide. En-dessous se jetaient les vagues contre les parois de la falaise et des piques rocheuses. Son cœur était prêt à lâcher tant il battait à n'en plus pouvoir. La mort rôdait en-dessous de ses pieds mais ironiquement, elle viendrait du ciel. Des milliers de pensées se bousculaient dans sa tête dont une qui demandait combien de ratés il y avait eu à faire ce genre de connerie. Le silence pesait lourd sur Soleil Couchant. Ils attendaient tous en haleine ce moment fatidique où le dragon viendrait sceller à nouveau le pacte. Au bout de longues minutes, une fois que la quasi totalité des lumières était éteinte pour ne laisser que le feu du bûcher briller de tous ses éclats, les sons inquiétants d'une présence se découpaient dans le silence de la nuit. Lizzie s'était tournée vers les villageois et attendait dans la peur, le souffle court et le cœur tambourinant dans sa fine poitrine. Les sons se rapprochaient dangereusement de la falaise. L'adolescente qui luttait tant bien que mal craqua et éclata en sanglots quand elle aperçut le jeune homme se frayer un chemin parmi la foule pour la regarder, impuissant.
« Je ne veux pas mourir ! » Cria la jeune fille désespérée.
Et elle fut aussitôt frappée par une ombre géante et arrachée de la poutre sous l'exclamation des spectateurs. Son cri d'effroi résonna sur les rochers et ils la virent s'envoler, happée par les ténèbres. Ils crièrent de joie en choeur et ne tardèrent pas à se remettre en fête tandis que la jeune fille disparaissait dans la nuit.
Par instinct de survie, Lizzie se débattait comme un beau diable pour ne pas se laisser tuer, mais la peur qui la saisissait était trop grande, en plus que l'oxygène avait du mal à se frayer un chemin jusqu'à elle. Elle voyait la terre sur laquelle elle était née rétrécir et disparaître dans la nuit noire. Tout ce qu'elle avait aimé disparaissait dans le néant. Il n'y avait plus d'espoir. Tremblotante et suffocante, elle leva son regard fiévreux sur cette ombre géante qui la tenait fortement contre son thorax. Elle vit deux grands yeux verts de serpent se poser sur elle. Ils transperçaient son âme. Son regard s'écarquilla et la terreur l'immobilisa.
« C'est fini » Pensa-t-elle dans ses derniers efforts.
Puis elle sombra dans le néant.
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MessageSujet: Re: Dragons : De l'autre côté du monde   Mer 26 Nov - 21:01

Pioup ! Je poste un commentaire ici aussi, histoire que tu ne fasses pas un double post ^^

Donc j'ai bien lu ce premier chapitre, et comme j'avais dit autre part, je suis terriblement choquée par l'agissement ultra extérieur des parents qui acceptent totalement le fait que leur fille doivent mourir. Même s'ils l'idéalisent jusqu'à en faire une messie qui les sauvera, je les ai trouvé... indifférents.
J'ai eu mal pour Lizzie, même si elle s'y prépare depuis son enfance, accepter la mort ne se fait pas d'un claquement de doigt, même si c'est pour sauver son village. Je me suis fait la même réflexion qu'elle, "comment les autres ont-elle pu réussir ?"

Petit coup de coeur pour Aaron, que je suis sûre être secrètement amoureux de Lizzie- Et si c'est pas le cas, je m'en fiche, je les shippe A MORT !

mise à part ça, le texte est bien écrit et facile à lire =) ! j'ai beaucoup aimé lire ce chapitre et je ne manquerai pas de lire la suite quand je le pourrais !

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MessageSujet: Re: Dragons : De l'autre côté du monde   Jeu 27 Nov - 13:53

Oooh merci beaucoup Eska, c'est très aimable à toi. Je craignais devoir commettre l'irréparable.
Eh bien, on peut dire qu'il y a des parents comme ça qui ne méritent pas de l'être. Mais bon, que veux-tu... Les croyances extrêmes ont toujours fait commettre le pire sur un membre de la famille.
Je suis content en tout cas qu'on puisse apprécier la petite Lizzie, j'essaie au mieux de rendre les personnages crédibles.

Bon, ceci étant dit, je suis ravi de voir que tu aimes ! Et je mets la suite parce qu'il y a pas de raison.




Chapitre 2






 Une forme dotée de noir et de blanc se dessinait dans le ciel mourant de la nuit. Les battements des ailes de la créature se multipliaient tandis qu'elle et la jeune fille se rapprochaient de la terre ferme d'une île. Le dragon noir atterrit sur ses pattes arrières puisque ses pattes antérieures étaient déjà utilisées pour tenir sa proie. Ses grandes ailes qui possédaient six doigts se rabattirent sur ses flancs tandis qu'il se penchait pour poser sa victime, qui n'avait toujours pas rouvert les yeux, au sol. Cependant, l'endroit qu'il avait choisi n'était pas le meilleur. Le sol était jonché de roches brisées et aiguisées comme des silex. En amenant la jeune fille évanouie au sol, la créature ne s’était pas rendu compte que l’une des pierres tranchantes se trouvait au niveau du bras de sa victime. Cette dernière se réveilla brusquement lorsqu’elle ressentit une vive douleur déchirer son bras gauche au contact du silex Néanmoins, elle ne sut crier quand elle vit au-dessus d'elle cette créature menaçante penchée sur son petit corps d'humain. Lizzie se tint le bras et sentit une vive douleur se déclencher au contact de ses doigts. Elle baissa les yeux sur sa main et s'aperçut avec horreur un liquide chaud et sombre couler le long de ses doigts. Du sang. Figée d'effroi, elle leva ses yeux grands ouverts sur le monstre qui se tenait face à elle et aperçut avec horreur que ses narines bougeaient vivement, à intervalles irrégulières, tandis que son souffle se faisait court : il sentait l'odeur de son sang. Le petit cœur de l'humaine rata un battement et une voix s'écria dans sa tête :
« Cours ! »
 Et Lizzie s'exécuta sans attendre. Elle prit appui de ses mains et prit ses jambes à son cou pour fuir dans la direction opposée du prédateur. La petite fille s'engouffra dans la forêt qui se trouvait à ce moment-là derrière elle, persuadée d'avoir une chance de pouvoir s'y cacher.
 Elle courut longtemps, aussi longtemps que ses jambes fines le pouvaient. Sa gorge, sa poitrine et ses flancs lui faisaient horriblement mal et sa bouche était sèche. L'adolescente se perdait dans toute cette verdure et pensait que c'était le meilleur moyen de semer la créature qui était à ses trousses. Était-elle à ses trousses ? Elle n'avait même pas pris la peine de vérifier et de toute manière, elle ne voulait pas le faire. L'humaine, à bout de souffle et son bras endolori, s'arrêta sur un bout de chemin et continua la route sur la droite. Ses rotules lui tiraient et lui suppliaient d'arrêter de les malmener autant. Alors celle-ci s'arrêta quand elle se rendit compte qu'elle ne pouvait plus courir dû à l'épuisement. Lizzie profitait du répit pour retrouver son souffle tout en regardant autour d'elle. Le silence régnait. Les chants des oiseaux commençaient petit à petit à s'éveiller et à rendre la forêt vivante. C'était doux et mélodieux à écouter. Les entendre la faisait oublier l'épreuve qu'elle venait de vivre, elle sentait la pression retomber en douceur. Puis elle se tourna pour reprendre la route quand elle tomba nez à nez avec son assaillant. L'adolescente cria de frayeur avant de tomber en arrière. La chose la fixait de ses yeux verts perçants et de sa gorge émanait un grondement qui ne lui présageait rien de bon. La victime à bout de souffle, reculait par-terre sans quitter le reptile ailé des yeux, mais s'apercevait qu'il avançait au fur et à mesure qu'elle s'éloignait sans une once de crainte. Il la dominait rien que par sa taille et son regard transperçait l'être de la jeune fille. Même son allure, qui ressemblait beaucoup à celle d'un chat, avait sa manière d'intimider l'adversaire et à le rendre inoffensif. Lizzie continuait de reculer jusqu'à que son dos s'écrase contre un tronc d'arbre. Elle s'y collait en espérant d'avoir le pouvoir de se fondre dans son environnement. Il s'avérait que ce n'était pas très efficace puisque le dragon était à présent à quelques centimètres de son visage. L'enfant était totalement à sa merci. Ses yeux grand écarquillés se noyaient dans ses larmes tandis que le visage du prédateur se dirigeait sur son bras. Le voile transparent et le gant étaient imprégnés de son sang, mêlés à la sueur et la salissure. Le dragon jeta un instant son regard sur le visage de la petite terrorisée et déchira le voile de son bras gauche d'un coup de mâchoire. En retour, Lizzie cria de peur puisqu'à cet instant, elle était incapable de ressentir la douleur tant la terreur avait anesthésié son corps. L'adolescente se revoyait dépecée et dévorée vivante. Elle ne voulait pas mourir, pas de cette manière du moins. Ce n'était pas chrétien. Elle hyper-ventilait et sanglotait sans quitter des yeux la bête qui à présent reniflait de plus près la blessure. Sentant qu'elle allait bientôt vriller, Lizzie ferma les yeux et serra les dents tandis que ses membres tremblaient comme des feuilles mortes. Puis elle sentit quelque chose de chaud et humide caresser son bras à l'endroit de l'entaille. Il se trouva que ce n'était pas douloureux, ça en était même apaisant. Elle rouvrit alors les yeux pour risquer un coup d'oeil curieux, quelque peu calmée, pour voir cette créature lécher sa plaie jusqu'à ce qu'elle soit propre avant de reculer et se lécher les babines, tandis qu'elle se posait sur son train arrière. L'animal la fixait en restant tranquillement dressé après avoir pris soin de garder un bon mètre de distance avec l'humaine. L'enfant restait immobile et avait besoin d'un moment pour enregistrer ce qu'il venait de se passer. Le dragon n'avait rien de farouche, il était d'ailleurs aussi adorable qu'un chaton et d'un chiot réunis. Elle remarquait que les pupilles de la créature avaient pris de l'épaisseur et que ses grondements avaient stoppé. Elle semblait à présent attendre une réaction de la part de la jeune fille. Abasourdie, celle-ci balbutia :
« M-Merci. »
  Le dragon releva ce qu'il semblait être ses oreilles et pencha quelque peu sa tête, comme s'il cherchait à comprendre ce qu'elle disait. La jeune fille alors, qui n'osait d'abord pas bouger, se tenta à toucher cet animal. Lizzie était dorénavant curieuse et demandait sans attendre de réponse :
« Vous ne nous mangez pas alors ? »
 Mais le reptile détourna la tête et remonta sa lèvre supérieure dans une expression de répulsion, dévoilant ses crocs pointus. Il refusait d'être touché. La fille abandonna alors son idée même si ce désir restait brûlant. Le dragon baissa ses yeux sur le bas de la robe de la jeune sacrifiée et se baissa pour attraper le tissu entre ses dents et la tirer, l'obligeant alors à se rattraper sur ses mains.
« Mais qu'est-ce que- » s'écria Lizzie, surprise alors qu'elle redressait son buste.
 La bête tira une nouvelle fois, ce qui fit tomber l'humaine en arrière à nouveau. Elle comprit alors qu'elle voulait qu'elle se lève puis s'exécuta. Cela fait, le dragon la lâcha et puis se tourna sans la quitter des yeux. Il laissa échapper un souffle bruyant en jetant sa tête vers une direction pour l'inciter à le suivre. Lizzie hocha la tête et marcha derrière lui, tandis qu'il l'amenait au point de leur atterrissage. C'est alors que Lizzie put voir s'étendre une grande plage devant elle qui découpait la limite du continent. Non loin se dressaient les piques rocheuses et des cavernes annonçant l'avancée des montagnes et des hauteurs. La jeune humaine fut émerveillée devant cette vue mais elle n'eut pas le temps de l'admirer davantage puisque le dragon tira à nouveau sur sa robe pour l'inciter à avancer. Il l'attira au sein de l'île. Il y avait un cratère géant aux bords bien levés, prêt à défendre en son cœur quiconque y était le bienvenu. La demoiselle, quelque peu essoufflée et endolorie par la course-poursuite, se vit découvrir une demeure géante avec un toit de glace maintenu par un arc de pierre laissant un coin d'ombre à l'intérieur de l'antre, tandis que les parois des cristaux gelés diffusaient la lumière du soleil pour éclairer le reste. A la surface, un peu plus à côté de ce refuge, résidait multiples dragons aux espèces variées perchés sur des bancs de roches volcaniques. Au centre de leur arc de cercle, un grand point d'eau aux couleurs variant du bleu profond au turquoise s'étendait à la vue de l'humaine, qui dut prendre quelques instants pour admirer ce qui se présentait sous ses yeux. Le paysage était parsemé de dragons vivant en paix parmi les uns et les autres.
« Vous vivez tous ensemble ici ?  C'est superbe. » Souffla-t-elle avec un grand sourire d'enfant.
 Le dragon à côté d'elle semblait partager sa joie. Ils restèrent là, debout à regarder les autres reptiles passer en battant des ailes ou dormir.
« Qui aurait cru que vous étiez pacifiques ? » Se demanda-t-elle, déçue de n'avoir jamais rien su sur ces créatures.
 La bête secoua la tête et partit vers une porte d'entrée. Lizzie fut extirpée de sa béatitude quand l'animal l'appela. Elle le regarda et le vit l'attendant, une patte levée, et jetait sa tête en direction de l'entrée en laissant échapper un étrange gémissement. Celle-ci vint à sa suite et regardait autour d'elle alors que les ténèbres les engloutissaient tous les deux. Au bout d'interminables secondes, la lumière naquit à nouveau dans le tunnel, ce qui eut don de rassurer la petite Lizzie qui marchait tout droit vers la sortie. Enfin, elle put voir le refuge de ces créatures. Des dizaines et des dizaines de reptiles volants se baladaient paisiblement dans les airs et dans la verdure de cet antre. L'enfant approcha du bord de l'étage et découvrit au centre de ce lieu immense un dragon géant. A vue d'oeil, il devait faire cent cinquante mètres de haut. Presque tout son corps était submergé par l'eau, ne laissant que sa tête et ses épaules à la surface. Il prenait appui sur un oreiller de pierres et de glace pour dormir en silence.
« Il est gigantesque et pourtant... Il m'a l'air inoffensif. » commentait-elle.
-Tu as raison. C'est un Roi pacifique veillant au bien-être de ses sujets, renchérit une voix de femme derrière elle.
 Lizzie écarquilla les yeux de surprise et se retourna sur une dame nettement plus âgée qu'elle. Elle avait à peu près l'âge des anciens de son village. La jeune fille, surprise, avait fait un pas de recul avant de se tenir le bras à cause de la blessure qui la lançait de nouveau. L'inconnue baissa son regard clair sur son entaille puis regarda la Furie Nocturne en fronçant ses sourcils grisés :
« Que s'est-il passé ? » Demanda-t-elle avec une once de colère et d'incompréhension dans la voix.
 Comprenant que ça allait être sa fête, la Furie Nocturne détourna la tête en maugréant, tandis que la dame âgée continuait :
« Vous avez été attaqués ou c'est toi qui n'as pas été assez prudente ? Tu aurais pu faire plus attention, qu'est-ce qu'elle va penser de nous maintenant ? »
 La jeune fille regardait la scène de ménage sans savoir quoi dire. On aurait dit une mère qui grondait son enfant qui aurait fait une bêtise. Une fois cela fini, la dame se tourna vers elle et se radoucit :
« Je suis désolée de ce qui a pu arriver. Viens donc ma chère enfant, on va s'occuper de cette vilaine blessure. »
 Sa main fripée vint délicatement se poser sur son dos, l'invitant à marcher avec elle jusqu'à son coin privé. Il y avait deux lits construits à la main dans un coin aménagé dans la pierre. Il se trouvait en hauteur et avait vue sur l'ensemble de l'enceinte du cratère. La jeune fille en était davantage époustouflée mais bientôt, son attention fut de nouveau centrée sur la vieille femme qui s'était arrêtée à quelques pas d'elle pour la regarder. Elle saisit un morceau de tissu rangé dans un tiroir d'une étagère faite main et de la ficelle.
« Assieds-toi donc là » Ordonna-t-elle en pointant le lit du doigt et Lizzie s'exécuta.
 Tandis qu'elle attendait sur la couche, la dame rapprochait un petit tabouret avant de s'y poser dessus. L'enfant regardait autour d'elle. Ce petit coin était aménagé de façon à faire une maisonnette avec les choses nécessaires... Ou presque. Lits, étagères, coin cuisine, tout y était quasiment. Lizzie se demandait comment cette femme avait pu vivre aussi longtemps en pensant à tous les besoins qu'elle avait dû avoir. Pendant ce temps, elle baissait le regard sur les mains de cette inconnue qui étaient en train de toucher délicatement la zone de l'entaille. Elle palpait pour vérifier qu'il n'y ait pas de corps étranger qui aurait pu se loger à l'intérieur. La petite émit un gémissement quand la dame se décida à lui retirer le reste du voile qui était déchiré. La coupure était nette mais malgré tout assez profonde pour que le sang coule à flot.
« Cela m'a l'air bien douloureux », commenta cette dernière avant qu'elle ne prenne le lambeau de tissu et appelle la Furie en sifflant. « Ne t'en fais pas, ça disparaîtra en quelques semaines. »
 Le dragon était à la hauteur de la femme et cherchait à savoir ce qu'elle voulait, les yeux aussi curieux qu'un chat et les oreilles aussi dressées que celles d'un chiot qui aurait vu un objet rouler près de lui. L'humaine présenta le bandage dans sa main droite. La bête comprit aussitôt et donna un coup de langue baveux dessus.
« Merci ma belle » lui dit-elle en frottant son nez contre le sien, ce qui provoqua chez le dragon un grand ronron.
 Lizzie regardait la scène ébahie tandis que l'infirmière bandait son bras, la face baveuse contre sa peau. Tout en plaquant délicatement le tissu sur l'entaille, celle-ci lança les présentations.
« Je m'appelle Melwynn. Et toi, comment t'appelles-tu ? » Demanda-t-elle pour briser la glace.
- L... Lizzie. Je m'appelle Lizzie, répondit-elle avec un peu d'hésitation tout en la regardant faire.
- Quel joli prénom, cela te va à ravir. Enchantée, Lizzie.
 L'enfant hocha la tête en retour. La dame finissait de faire le nœud autour de son bras avant de parfaire son œuvre.
«Voilà, la salive continuera de nettoyer la plaie et apaisera la douleur. » Conclut-elle en baissant délicatement les mains une fois la compresse bien placée.
- Merci beaucoup.
- Ce n'est rien, voyons.
 Lizzie serrait ses mains tremblantes sur ses cuisses. Elle était toujours effrayée, mais plus du fait qu'elle avait perdu tous ses repères.
« Quel désastre... Je pensais qu'ils allaient enfin changer... Mais non, ce n'est pas du tout le cas » Soupira Melwynn, visiblement déçue.
 La jeune demoiselle leva son regard inquiet vers elle.
« A- Seriez-vous... » Commença-t-elle.
- Une habitante de Soleil Couchant ? Plus depuis bien longtemps.
 La femme se leva sur ces mots et se tourna pour prendre une inspiration. La Furie Nocturne se poussait pour la laisser passer et se postait à côté du lit où se trouvait la petite humaine. Melwynn joignait ses mains dans le dos en admirant la vue que lui offrait la hauteur.
« Comme toi j'ai été donnée en sacrifice il y a 50 ans de cela. J'ai toujours pensé que faire ce genre de choses à notre époque était puéril... Mais que sommes-nous contre la majorité des habitants qui sont enlisés dans la peur, même quand il n'y a plus de raison pour qu'ils en aient une ? Rien. J'avais alors accepté mon destin, bien que funeste. »
 L'adolescente regardait l'individu monologuer en silence. C'était aussi ce qu'elle avait dû faire durant toute sa petite vie. Elle n'était décidément pas la seule à avoir résisté puis baissé les bras. Plusieurs fois il lui était arrivé de se demander si tout ça n'était qu'un mauvais rêve et qu'elle allait bientôt se réveiller. Penser que d'autres avaient souffert du rejet et de la solitude rendait son cœur gros qui avait du mal à réprimer ses émotions qui saccageaient tout sur leur chemin. Melwynn se tourna vers elle.
« Ce qui me chagrine le plus, c'est de savoir que ça n'a toujours pas changé depuis tous ces siècles. Et qu'il y a toujours des pauvres âmes qui sont sacrifiées à ce jour. »
 Lizzie craqua et fondit en larmes. Elle en avait honte mais elle ne parvenait pas à contrôler ses sanglots qui résonnaient contre les parois du cratère, ce qui donnait au loin l'impression d'entendre des chants fantomatiques qui attiraient l'attention des reptiles aux alentours. La vieille dame vint vers elle, tandis que la Furie Nocturne rentra comme elle put sa tête dans ses épaules en voyant l'état de cette pauvre humaine qui cachait son visage dans ses mains. La créature jeta un instant son regard attristé sur Melwynn qui passait devant elle, avant de reporter à nouveau son attention sur Lizzie et de baisser ce qui lui servait d'oreilles. La femme s'assit à côté d'elle et l'invita à pleurer contre son cœur.
«Je sais, je sais... J'étais comme toi ce jour-là. N'aie pas peur de pleurer et de crier quand tu as mal ou quand tu es en colère. Il n'y a pas de honte à faire ça. »
 Il n'y a pas de honte à faire ça. Exactement l'inverse de ce qu'on lui avait appris. Lentement, ses bras viennent s'attacher autour de cette femme qui aurait pu être sa grand-mère. La tête de celle-ci vint se poser sur le sommet du crâne de la petite Lizzie qui ne parvenait pas à calmer ses pleurs. En retour, elle caressait son dos et sifflait doucement des « sh » pour l'apaiser.
« Ca va aller, petite Lizzie. Ca va aller, tu n'es plus seule. »
 Ces mots résonnaient dans le cœur endolori de l'enfant.
« Tu fais partie de notre famille à présent. »
 L'adolescente ouvrit ses yeux rougis en entendant ces mots et regarda la femme, incapable de dire ce qu'elle pensait à cet instant. Ses pleurs s'étaient à présent arrêtés tandis que Melwynn lui souriait tendrement et plongeaient ses prunelles grises dans les siennes. Il n'y avait aucun doute, cette femme était belle même âgée. A ce moment-là, elle essayait de la visualiser quand elle avait autrefois son âge, quand elle sentit quelque chose de lourd se poser sur ses genoux nus. Son attention s'y posa dessus et elle vit la Furie Nocturne qui reposait sa tête sur ses jambes en lui faisant des yeux doux. Se rendant compte de ce qu'il se passait, elle resta immobile tandis que Melwynn se retirait de l'étreinte en gloussant joyeusement.
« Tiens regarde ! Même elle soutient ce que je dis. »
 Lizzie n'osait plus bouger, terrifiée à l'idée de briser la magie qui s'opérait en faisant un mauvais geste. Si ça se trouve, jamais cela ne se reproduira. L'autre humaine, en revanche, caressait sans crainte le museau de l'animal. Alors, cherchant à trouver un sujet de conversation pour ne pas tomber dans un silence gênant, la jeune fille demanda :
« Alors... C'est... Une femelle ? » Réussit-elle à articuler malgré sa voix affaiblie par les pleurs.
- Oui. C'est notre petite perle rare de l'île, lui répondit Melwynn en cessant de caresser l'intéressée.
- Ah oui ?
- On les appelle les Furies Nocturnes. Ils se font rares de nos jours et... J'ai bien peur qu'elle puisse être la dernière représentante de leur lignée...
- Ces dragons sont en voie d'extinction ? Pourquoi ?
 Melwynn médita sur la question en plongeant ses yeux dans ceux de la créature noire, qui se rapprochait pour renifler son visage.
« Je ne sais pas. Sûrement les draconniers. Nous n'avons jamais su comment cette espèce a pu disparaître presque en totalité. Alors on suppose que la rarification s'est faite au fil du temps par manque de reproduction et à cause du manque de sensibilisation chez les humains. »
 Lizzie regardait cette dragonne qui avait les caractéristiques d'un chat ailé.
« Ca ne m'étonnerait pas, fit-elle. C'est une belle créature. »
- On reconnaît bien son charme, n'est-ce pas ? Elles sont impossible à approcher d'ordinaire. Tout comme il est impossible d'en attraper une vivante sans la blesser. Encore plus sans la tuer.
- Elles sont aussi sauvages que ça ?
 Lizzie regarda alors ce dragon qui l'avait portée durant toute la nuit.
« Quelle est son histoire ? »
 Melwynn regardait sa cadette avant de baisser à nouveau son regard sur la principale intéressée.
« Je l'ai trouvée bébé au bord de l'île, à bout de souffle, déshydratée et affamée. J'ai regardé aux alentours s'il y avait une mère blessée ou même... Morte, mais aucune trace de Furie adulte. Voyant les égratignures sur son corps et son épuisement apparent, j'en suis venue à comprendre qu'ils ont été dus à des persécutions et à un long voyage entrepris. Je n'aurai jamais cru qu'un bébé dragon voyagerait aussi longtemps... Mais je me doute qu'elle n'en avait pas eu le choix. Les autres dragons l’avaient sûrement chassée de leur île. J'avoue avoir eu peur en voyant son état... Je n'étais pas certaine qu'elle survivrait... Au final, à ma grande surprise, elle s'est montrée vaillante.»
 Elle s'était levée et dirigée d'un pas lent vers le bord de leur étage de pierre. La femme regardait avec un regard tendre le Bewilderbeast qui se reposait au centre du cratère.
« L'Icebeast l'a acceptée dans son nid et tous les dragons se sont occupés d'elle comme si elle était leur progéniture. Tout ceci sous l'oeil bienveillant de leur Alpha. »
 Lizzie l'avait suivie et regardait à son tour le Roi des dragons. La créature était d'un bleu glace aux nuances d'un bleu aussi sombre que le ciel de nuit.
« Il protège les siens coûte que coûte et veille à ce qu'aucun dragon ne soit abandonné à son triste sort. C'est le devoir d'un Roi.»
- A-t-il un nom ? Demanda l'adolescente qui était à présent curieuse et émerveillée.
- Nous n'avons jamais pensé à lui en donner un. Mais son espèce est appelée Bewilderbeast ou pour faire plus court, Icebeast.
 La jeune fille murmura son nom, fascinée par la bête gigantesque qui se réveilla et dirigea son regard bleu cyan vers elle, avant que Melwynn ne reprenne d'un ton plus énergique :
« Bon, il serait temps que je te fasse une petite visite guidée, n'est-ce pas ? »
 Et sur ce, Lizzie suivit son guide qui marchait d'un pas à la fois silencieux et dansant comme un félin. La jeune humaine avait arrêté à contre-coeur d'admirer le Roi qui semblait avoir pris note de sa présence et qui l'avait transpercée de ses yeux perçants en retour. Melwynn s'empressait de lui montrer sa nouvelle maison, son lit, le coin cuisine, le coin rangement... Ce que la petite semblait déjà savoir par déduction. Puis vint la fameuse question que Melwynn redoutait tant :
« Et pour ce qui est de l'hygiène ? »
- J'étais sûre que tu me demanderais ça, dit-elle en souriant. Viens, je vais te montrer.
 Et Lizzie la suivit. Elles descendirent de leur étage et la nouvelle venue put voir un tapis de verdure et de fleurs recouvrir les étages plus bas. Une cascade se jetait en haut des pierres puisque cette eau était issue de la glace qui fondait au plafond et qui s'écoulait dans une petite courbe, pour former plus bas un grand point d'eau où les dragons venaient se désaltérer et se baigner. De grands dragons d'eau, au long cou et à la tête plate qui pouvait remplir sa bouche d'eau comme un ballon de baudruche, connus sous le nom d'Ebouillantueurs, s'occupaient de réchauffer l'eau quand elle était bien trop froide pour accueillir des êtres humains.
« Et nous avons de quoi manger convenablement aussi. On a beaucoup voyagé pour que je puisse récupérer des pousses et des graines. »
- C'est ainsi que vous avez survécu aussi longtemps ?
- J'ai même vécu, renchérit-elle. Oui, et comme tu peux le voir, 67 ans et toujours en forme !
- Vous vous êtes bien conservée, Melwynn, osa dire l'enfant.
- Pourtant je vis à fond. Si j'étais restée sur Soleil Couchant, je serai déjà dans un état végétatif, affalée dans un fauteuil...
 Puis elle continua le chemin et prit une pause brève.
«Je suis heureuse d'être ici. C'est la meilleure chose qui ai pu m'arriver. »
 Ensuite elle regarda Lizzie qui était sur ses talons mais qui ne semblait pas approuver.
«Vraiment, je suis sincère. Tu comprendras une fois que tu auras trouvé ta place ici. »
- Hm, certainement... Dit-elle alors sans trop de conviction.
- Allez, suis-moi jusqu'à dehors, je vais te montrer comment j'ai pu vivre aussi longtemps !
 L'adolescente redressa la tête pour voir la vieille dame se précipiter dehors comme une jeune femme pleine d'énergie et se mit à la suivre sans partager son entrain.
 Dehors, elles marchaient ensemble sur le chemin de terre fait par les nombreux allers et venues des survivants humain. Sans trop donner d'attention au paysage contrairement aux emplacements de ses pieds, la jeune fille se risqua de demander :
« Comment avez-vous pu conserver aussi bien votre dextérité et votre endurance ? Moi-même... J'ai du mal à vous suivre » Lui disait-elle en commençant à souffleter.
- Oh, jeune fille, dans mon cas, vivre parmi les dragons m'a appris à entretenir ce corps ! Que ce soit pour me balader avec eux, voler, chasser, il m'a fallu être à leur contact en permanence ! Expliquait la vieille dame tout sourire. Bon à présent, je me suis mise en ménage depuis une petite décennie. J'ai beau m'être conservée, mais je ne suis pas à l'abri de la vieillesse. Mes articulations en ont pris un sacré coup tout comme mon petit cœur, mais je dois avouer que cela m'a fait beaucoup de sport et avec le régime que j'avais, je ne pouvais que vivre pleinement.
 Et sur ces mots, elles s'arrêtèrent sur un jardin fait de tomates, de salades et de choux ainsi que de patates, accompagné d'arbres fruitiers et de baies. Elle arracha une pomme de son arbre et la tendit à Lizzie :
« Tiens donc, mon enfant. Tu dois avoir faim après ces longues heures de vol. »
- Euh, pas vraiment, avoua-t-elle tout en acceptant néanmoins l'offrande.
 Après tout, on l'avait un peu gavée de nourriture pour la cérémonie. La jeune fille donna un coup de dents dans la pomme, puis un autre, et encore un jusqu'à ce qu'il ne reste du fruit que le trognon.
- Alors ?
- Délicieuse, affirma Lizzie.
- Tu comprends pourquoi je suis bien conservée ! Rit Melwynn tandis qu'elle se rapprochait du bord pour admirer le lever du soleil.
 Lizzie n'osait pas en faire de même, après tout avec la chance qu'elle avait, une petite abeille pourrait se poser sur son nez et la faire tomber dans le vide par surprise. Elle contempla alors ce qu'il y avait autour d'elle, espérant trouver une place où se poser. Plus bas, on avait la vue sur les bancs de pierre entourant le point d'eau, où bon nombre de dragons dormaient encore parmi ceux qui se réveillaient et s'étiraient.
« Tu devrais aller faire de même, Lizzie. La route n'a pas été de tout repos pour toi et je ne voudrai pas te voir t'écrouler dans mes bras et avoir à ramener ton corps sans vie au lit. Tu risquerais de me casser le dos. Allez, rentrons. »
- Mais, et vous... ?
- Ne t'inquiètes pas pour moi, je ne dors que quelques heures et je me lève toujours une heure avant le soleil. Et tu peux me tutoyer, répondait-elle en rebroussant chemin, suivie d'une Lizzie hésitante.

~†~

 Melwynn avait préparé les couvertures faites de peaux de bêtes pour le lit de sa nouvelle protégée. Lizzie la remercia, apparemment épuisée une fois que sa couche était en vue.
« Pose-toi donc » lui disait Melwynn sur un ton plus bas.
 La demoiselle s'approcha et ne tarda pas à s'asseoir tout en la remerciant. La femme recula ensuite puis tourna les talons avant de s'éloigner :
« Je serai de retour aux alentours de midi. Je viendrai te réveiller pour le déjeuner. Fais de beaux rêves. »
- A plus tard, Melwynn.
 Et elle s'en alla sur le dos d'un dragon aux couleurs de la terre qui accompagnait le départ d'un cri. La petite Lizzie, qui avait vu l'envol spectaculaire, n'avait pu s'empêcher de pousser un long « wow » depuis son lit. Quand sa nouvelle amie disparut de son champ de vision, celle-ci se coucha dans son lit de bois avec un sourire sur les lèvres. C'était bien au-delà de ce qu'elle aurait pu imaginer. Un être humain volant sur le dos d'un dragon ! Du jamais vu dans l'Histoire de Soleil Couchant ! La Furie Nocturne avait regardé le départ de Melwynn, envieuse de faire pareil mais devait pour une raison inconnue rester à la maison. Lizzie se redressa quelque peu pour la regarder, tentée d'essayer une approche avec un de ces reptiles. Alors celle-ci se risqua à l'appeler en claquant sa langue contre son palais. Cela marcha... à moitié. L'animal avait tourné son regard vers elle mais afficha une tête ennuyée, avant de lui tourner le dos et de se coucher au bord de l'étage, à la lumière du jour.
« Bon, j'aurai essayé... » Conclut-elle en haussant les épaules avant de s'étendre à nouveau.
 Avec ce même petit sourire aux lèvres, Lizzie ferma les yeux et se laissa gagner par le sommeil.
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